Digital Vision, getty images copy.png

Le making of...

« Au départ, je ne connais rien de plus que vous à ce que je vous présente… Mais suivez-moi, on va vivre ensemble l’aventure de l’information. Je vous présenterai les choses à mesure que je les découvrirai et que j’apprendrai à les comprendre », écrit Pierre Sormany dans son ouvrage Le métier de journaliste.

 

Une chronique nouveau genre

 

Raconter mon expérience personnelle de la fusillade au Collège Dawson n’a pas été très laborieux. Je n’ai eu qu’à me remémorer les émotions que j’avais ressenties, pour qu’en un jet, ma chronique soit rédigée.

 

Par la suite, à des fins d’exactitude, j’ai vérifié quelques détails, notamment afin de confirmer mes souvenirs. Je me remémorais qu’il faisait beau, mais j’ai vérifié le rapport de données météorologiques quotidiennes pour septembre 2006, afin de pouvoir affirmer avec certitude que la température ressentie le 13 septembre 2006 était d’environ 12 degrés Celsius. Environnement Canada permet d’obtenir des données climatiques historiques pour un endroit précis au pays, ce qui m’a été très utile. Cet outil peut également être un bon allié pour vérifier des informations et des images qui circulent sur Internet. 

 

Évidemment, je savais que la tragédie était survenue un jour de semaine. Je savais aussi que je devais suivre un cours d’éducation physique en après-midi. Par contre, il m’était impossible de me remémorer mon horaire et de convenir du jour de la semaine. J’ai donc dû faire de petites recherches afin de pouvoir écrire dans mon texte qu’il s’agissait d’un mercredi.

 

Enfin, je savais que mon amie et moi avions contourné la voiture du coupable, mais je n’aurais pu dire avec certitude, le coin des rues auxquelles elle était stationnée. C’est donc une autre information que j’ai validée suite à la rédaction du texte.

 

Un jeu-questionnaire interactif

 

Pour le développement du jeu-questionnaire interactif, j’ai collaboré avec Bruno Sbeghen, un ingénieur logiciel. Nous avons travaillé dans des délais extrêmement serrés – deux jours, pour ne rien vous cacher.

 

Dans un premier temps, j’ai procédé à la conception de différents modèles pour les questions-réponses et les pages de résultats. Une fois ces modèles créés, il pouvait commencer à mettre la main à la pâte. Dans un premier temps, il a dû se familiariser avec le langage JavaScript (JS), un langage de programmation Web. Puis, il a commencé à coder les scripts nécessaires pour comptabiliser les résultats et afficher le score final.

 

Pendant ce temps, j’ai rédigé les quinze questions auxquelles vous avez répondu dans le jeu-questionnaire. De cette manière, il ne suffirait qu’à copier-coller les questions et les choix de réponses, dès qu’un de nous avait terminé sa partie de boulot.

 

Notre collaboration a été très efficace puisque nous avions majoritairement les mêmes idées ou des visions complémentaires. Le bémol, s’il y en a eu un, a été au niveau de la communication puisqu’on ne parlait pas nécessairement le même « langage ». N’ayant aucune notion en programmation (si ce n’est que changer mon curseur pour un Hello Kitty sur mon blogue Piczo à l’adolescence), je n’arrivais pas toujours à comprendre ce que M. Sbeghen m’expliquait. Je lui répondais simplement que je n’avais pas les mêmes conceptions informatiques que lui, ce qui m’empêchait de bien saisir ses propos. Il vulgarisait alors davantage et nous pouvions aisément poursuivre.

 

J’ai particulièrement aimé notre collaboration parce que je voyais que M. Sbeghen se souciait de mes attentes pour la réalisation du jeu-questionnaire interactif, mais également parce que je sentais que nous travaillions ensemble pour la réalisation du même projet. Bref, j’ai grandement apprécié notre collaboration et les idées qui germent depuis!...

 

 

Pour le contenu des questions, j’ai envoyé des demandes d’accès à l’information notamment à la Sûreté du Québec et au Ministère de la Sécurité Publique.

Demandes d’accès à l’information

 

En vertu de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels (L.R.Q., chap.  A-2.1), les organismes publics et les ordres professionnels, dans la mesure prévue par le Code des professions, ont la contrainte de fournir les documents demandés, quelle que soit leur forme (écrite, graphique, sonore, visuelle, informatisée ou autre). Cette loi provinciale, instaurée en 1982, vise à favoriser l’accès aux documents détenus par l'État, sauf exceptions nécessaires et spécifiques.

 

Cette loi stipule également que l’organisme public se doit de satisfaire (ou de refuser – ça évite le caviardage!) la demande dans un délai de 20 jours. Or, si le traitement de la demande ne lui paraît pas possible dans ce laps de temps, le responsable de l’organisme en question peut prolonger le délai d’une période maximale de 10 jours. 

J’ai donc fouillé dans mes archives et retrouvé les notes d’une conférence animée par Marie-Christine Trottier du Bureau d’enquête du Journal de Montréal. Elle y avait expliqué les rudiments de base d’une « excellente » demande d’accès à l’information et je me rappelais avoir noté plusieurs éléments.

 

20 jours plus tard, j’ai en effet reçu un avis de prolongation de délai de traitement de ma demande d’accès aux documents de la part du Ministère de la Sécurité publique, mais rien du côté de la Sûreté du Québec. Il faut préciser que la SQ a une démarche particulièrement fastidieuse, qui nécessite de compléter un formulaire additionnel et de fournir des photographies de pièces d’identité. Au moment de la mise en ligne, le délai de 30 jours maximum n’était pas échu. J’ai donc utilisé diverses demandes d’accès à l’information qui avaient déjà été complétées et mises en ligne sur leurs site Internet respectifs par le passé.

 

Une entrevue classique

 

J’ai procédé à une énorme recherche documentaire d’articles et de témoignages afin de faire l’historique du sujet et me « mettre à niveau ». J’ai découvert que Francis Langlois, enseignant au Cégep de Trois-Rivières, est spécialisé sur la question des armes à feu au Canada et aux États-Unis. Puisque son expertise semble pile dans le sujet, j’ai tenu à m’entretenir avec lui afin de mieux circonscrire la question. J’ai donc cherché ses coordonnées et nous avons fixé rendez-vous pour une rencontre virtuelle, histoire de décortiquer le tout. Il m’a particulièrement fait sourire avec sa casquette NAVY sur la tête – pour ne pas dire que ma rencontre a été très fructueuse!